mercredi 17 mars 2010

La revolucion? Mañana, mañana.

Les anarchistes se contentent de lutter (en vain ces dernières années) pour de maigres réformes et ils délaissent l'idée de la révolution, remettant sans cesse celle-ci aux générations futures. Ce seront à elles de décider ce qui sera à faire en temps et lieu. Mais vous savez quoi? Les anarchistes disaient la même chose il y a 100 ans. Et parti comme c'est là, ils diront la même chose dans 100 ans.

Pourquoi? À cause de l'attitude actuelle des anarchistes d'aujourd'hui (et celle du passé). Parce que pendant qu'on refuse de préparer le terrain, ne serait-ce que pour les générations futures, on perd du temps. Du temps précieux. Vous pensez sincèrement que la révolte a éclaté du jour au lendemain dans les années 30 en Espagne? Vous voulez rire n'est-ce pas? La révolution fut précédée par des décennies d'organisation révolutionnaire et d'éducation populaire. La révolte que l'on voit émergée en Grèce ne sort pas tout droit d'un chapeau melon, comme le ferait un magicien avec un lapin. Il a fallu du temps et des efforts pour en arriver là.

Ce que je veux dire, c'est qu'il faut commencer quelquepart à un moment donné. Alors pourquoi pas ici et maintenant? Je sais que les gens aiment bien délèguer, en particulier l'extrême gauche en créant une mutlitude de comités, dont on ignore la plupart du temps la raison d'être ou à tout le moins, leur efficacité réelle. Mais ce n'est pas une raison pour délèguer le fardeau de s'organiser aux générations futures, à tout le moins, pas à partir de rien. Que verront-ils/elles à leur naissance dans 50 ans? Des fois je me demande s'ils/elles verront même le jour. Nous en sommes rendu là.

Je sais qu'il est facile pour moi de parler comme ça, assis sur mon cul, derrière mon écran. Je m'en rend compte. Mais en même temps, il serait ridicule de ma part de tenter de renverser le système tout seul, même si je recruterais 2 ou 3 punks pour se faire. La chose serait tout à fait absurde et ne deviendrait qu'une mauvaise blague de fin de soirée.

D'où l'idée de mettre l'accent sur l'éducation populaire. Car une insurrection, ça se prépare. Ce n'est pas spontanée, contrairement à ce que pourrait penser certains et certaines romantiques. Et ne venez pas me dire que l'émeute à la suite de la cancellation du show d'Exploited était une insurrection. J'espère qu'on s'entend là-dessus. Pour que celle-ci survienne, il faut que les gens puisse la concevoir. Non seulement que celle-ci soit désirable, mais nécessaire. Et avec le réchauffement planétaire, ce n'est pas exagérer de penser ainsi. Puis ultimement, les gens devront revoir leur conception de la violence. Jésus pronait de présenter la joue droite si on vous frappait sur la joue gauche et regardez ou cela l'a mener. C'est bien parce qu'on se laisse malmener qu'on nous malmène. C'est bien parque l'on reste à genoux que l'on fait de nous ce que l'on veut.

Je réalise qu'il faudra du temps pour changer les choses, mais je suis prêt à prendre ce temps. Je réalise qu'un individu seul ne peut rien, n'en déplaise aux individualistes, pour qui la grandeur de leur Moi les mèneront à la terre promise. Honnêtement, l'individualisme nous mène tout droit en enfer. J'aime bien que certains et certaines nous rappellent que la cellule à la base d'une société, c'est un individu. Mais si ces individus veulent réaliser leurs désirs personnels, ironiquement, ils devront s'unir. C'est pourquoi je réitère qu'il faut briser notre isolement. On ne s'entend peut-être pas sur tout, mais l'on doit continuer de se parler, d'échanger. À la base, c'est ce que devrait être une démocratie réelle et non pas la farce qu'on nous fait avaler contre notre gré.

C'est pourquoi je vous donne ces coups de pieds au cul virtuels, m'en donnant par le fait même à moi-même. Ultimement, je ne peux pas me contenter de parler, je dois agir. Je vous reviendrai sur les suites de tout ça, en espérant qu'il y en aille, mais tout ça ne dépend pas uniquement que de moi.

Mais nous n'avons qu'une vie à vivre (jusqu'à preuvre du contraire) et il me semble plus pertinent de tenter de changer les choses que de se croiser les bras et de se dire «à quoi bon?». Nous devons prendre les moyens nécessaires pour arriver à nos fins et nous n'arriverons jamais à atteindre nos objectifs en continuant dans la voie actuelle. Si vous voulez voler, vous faites mieux d'apprendre à mentir. Et si vous voulez renverser le gouvernement et envoyer le capitalisme à la poubelle de l'Histoire, vous êtes mieux d'apprendre à vous unir, à vous botter le cul, à vivre l'autogestion ici et maintenant (je ne pense pas forcément aux coopératives ici, seulement à une forme quelconque d'organisation ou d'association non hiéarchique et usant la démocratie directe) et mettre votre peur de l'échec de côté.

video

If You Wanna Steal (You Better Learn How To Lie) Lyrics Artist (Band): Anti-Flag

My father Michael is a genius

He sees this world the way no one can

He brought me up and he shaped my mind at the tender youthful age of 9

He said don't take this for the way it is

You better watch out son when you give inBefore you know it the friends you trust will have stabbed you in the back he said

If you wanna steal you better learn how to lie

If you wanna live you better not fear how you die

Heaven and hell are just a myth so you better pay attention to this moment[x2]

The fine line between genius and insanity

Is one he often treads so patiently

While pigs and bulls will always try to lock the door

A system built to perpetuate

Pushers pushin', dealers dealin' with they can't escape

I got kids and homes to protect

There's no living in this wage that they have set

If you wanna steal you better learn how to lie

If you wanna live you better not fear how you die

Heaven and hell are just a myth so you better pay attention to this moment[x2]

Sometimes when my apathy creeps on up from behind me

It reminds me why I moved my TV

Out of the room where I make love

In case I might just look up

And see the sky is falling from above, see it falling from above

If you wanna steal you better learn how to lie

If you wanna live you better not fear how you die

Heaven and hell are just a myth so you better pay attention to this moment[x3]

Oh yeah!

7 commentaires:

-Big mama Moton corporation a dit…

Arrêtes pis frappes-moi si j'me trompe, mais on dirait que ton discour gagne en lucidité.

Quand j't'ai plus jeune, j't'ai un genre de punk, mais j'prenais jusse c'qui m'arrangeait de l'idéologie du mouvement.
J'ai compris que l'anarchie à l'état brute était complètement utopique.
surtout maintenant, avec ces lois.
Enlever d'une shot la notion de loi dans une société comme la nôtre, c'est comme enlever un soutien à un arbre qui a grandi avec. ça pète.
es-tu anarchiste bakou?
Tu veux modifier la loi ou la supprimer?

J'ai trouvé pertinent de mentionner que ça va être d'la job, parce que Rome ne s'est pas bâti en une idée.


J's'rai game de changer le monde,
mais ça prend une altérnative solide.

Bakouchaïev a dit…

«Tu veux modifier la loi ou la supprimer?»

Je veux qu'on puisse décider soi-même, en société, par l'entremise de la démocratie directe, quelles règles gèreront la société. Au niveau économique je défend l'économie participative, dont les institutions sont déjà décrites et couchées sur papier. J'ai écrit là-desuss et je peux essayer de retrouver ces billets ou t'envoyer vers des liens si tu veux.

Côté politique, j'ai écrit là-dessus également, mais il y a plus de questions à résoudre et de problèmes qui se pose pour ma part. Ce à quoi l'on a pensé à ce sujet me semble moins solide qu'au niveau économique.

Un des problèmes est que plusieurs anarchistes ne veulent pas penser à ces choses là, sous prétexte qu'on ne peut prévoir l'aboutissement d'une révolution. Ce n'est pas tout à fait faux, mais les gens n'embarqueront pas si on arrive pas avec un projet solide. Moi-même je n'embarquerais pas dans n'importe quoi.

En effet, ma pensée a évolué et c'est normal avec le temps. J'ai beaucoup lu et réfléchi, discuté et maturé, même si sur certains points, ça ne paraît pas toujours.

Mouton Marron a dit…

Par où qu'on commence?

Bakouchaïev a dit…

@ Mouton : Initialement j'avais pensé à un blog collectif et ou un journal. Je dirais que ce serait peut-être mieux de commencer tranquillement, pour que les gens décident d'embarquer. J'ai l'impression que plus on présente ça gros, plus les gens vont reculer. Donc ce serait de garder ça simple au départ, mais j'aimerais bien que ça débouche sur autre chose éventuellement (un collectif ou une organisation). L'idée étant que si on est pas en mesure de tenir un blog collectif ou un journal, on ne sera pas en mesure de partir une école atlernative ou un plus gros projet.

Et je dois avoué que j'avais pensé à toi comme éventuel participant. Steffen aussi. Je dois parler à mes amis, en fait j'ai deux personnes en tête présentement, principalement. Je suis resté vague intentionnellement parce que je ne sais pas qui a de l'intérêt ou du temps pour une telle chose. Je redoutais un peu un flop (je le redoute toujours).

Mais bon, tu es au courant maintenant et je vais en parler à mes amis.

Je n'ai pas nommé l'Agitateur, car il est déjà dans un genre de collectif si j'ai bien compris. Au pire, il y a peut-être moyen de faire des trucs ensemble.

agitateur a dit…

Boaf, mon « collectif » écrit foutrement jamais sur le blogue haha. Je fais tout, eux ils ne font que lire ou commenter « rarement ».

Mouton Marron a dit…

Hourra pour le journal et/ou le blog collectif! Ce sera un début!

Pendant le printemps et l'été, je risque d'être pas mal occupé, parce que mémoire+G20+boulot, mais je pense être quand même capable de trouver du temps.

L'an prochain, je suis inscrit seulement en allemand, et pour la première fois de ma vie, une moyenne de C+ ne sera pas dramatique. J'aurai donc sans doute pas mal de temps libre aussi (sauf si j'ai vraiment pas d'argent).

Ça tombe bien, je cherche un sens à ma vie. À l'automne, je pensais peut-être essayer de trouver du monde pour rédiger un essai collectif anti-autorité.

Steffen a dit…

Après la rencontre de tout à l'heure à la manif, j'ai compris que j'en avais manqué des bouts. Je ne vais pas très souvent sur mon blogue et encore moins fréquemment sur le tien ! Le seul que je visite est celui du Mouton par habitude.
Bref, je serais partant pour faire dans l'éducation populaire. Comme tu l'as si bien dit, les idées sont pour la plupart déjà pensées. Il est temps d'agir et de délaisser les théorèmes inconsistants, qui sont des moyens pour obtenir un changement, et non la fin que l'on souhaite.
Mon seul souci est qu'il existe déjà l'UCL en tant que collectif. Je sais que les anar·e·s ont pour habitude d'être individualistes à souhait (moi-même je le suis), mais peut-être est-il possible de se rallier à un mouvement qui existe déjà ? Encore là, tout dépend de ce que l'on compte faire. Il serait tout aussi pertinent de fonder un collectif distinct, mais solidaire avec d'autres. Ça éviterait de se perdre dans une masse sans pour autant que chacun joue dans son coin.
Si on part un journal version papier, on pourrait même présenter notre projet à la caisse populaire qui chaque année donne des bourses de démarrage d'entreprises ;)