vendredi 12 novembre 2010

L'envers de la société du spectacle, take 2

À la demande générale, la deuxième partie de mon billet sur la thématique du suicide et du libéralisme.

Pour faire ça bref, non seulement les victimes de notre société libérale souffrent et en arrachent, mais on les blâme pour les causes de leurs malheurs. Si vous êtes pauvres ou que vous vivez dans la rue, c'est que vous l'avez choisi. Si vous êtes une femme et que vous vous faites violer, vous l'avez probablement cherché. Si vous n'avez pas d'emploi, c'est facile d'en trouver un, donc vous ne faites pas assez d'effort. Vous n'aimez pas votre emploi? Allez voir ailleurs. Vous approchez 30 ans et êtes encore puceau? Un choix personnel. Vous ne vous intégrez pas au reste de la société ou vous êtes constamment rejeté? Adaptez vous bon sens!

On nie l'oppression. On nie le fait que l'individu puisse subir quoique ce soit. Il choisi toujours son malheur. On a toujours le choix. Quand on veut on peut. C'est le message que véhicule la société libérale et il est repris par les imbéciles heureux et les optimistes. C'est pourquoi l'optimiste qui tente de réconforter le suicidaire risque de l'enfoncer encore plus loin dans son malheur ou le pousser finalement au suicide.

Sartre considère que l'être humain se choisit lui-même, il est ce qu'il se fait à lui-même. Rien n'est plus faux. L'existentialisme n'est qu'une supercherie de plus qui peut être récupérée par cette mer de fumistes.

Pour sa part, Camus affirme que l'être humain n'a pas besoin d'espoir, mais de vérité. Le seul bémol que j'ajouterais est que toute vérité est relative et mérite d'être débattue et parfois, repensée.

On ne réglera pas le problème des dépressions, suicides, homicides et fusillades, à coup de pilules et de thérapies. On ne réglera rien non plus avec des barrières sur les ponts. On doit arrêter de jeter le blâme sur les individus et commencer à observer leur entourage, le contexte dans lequel ils évoluent, leur vécu et les structures de notre société. Non seulement ce qui cloche dans nos institutions, mais par rapport aux mentalités qui en découlent.

Le problème ne s'arrête pas aux portes des écoles et des usines, du bureau ou de l'Assemblée nationale. Il se trouve également parmi les proches des victimes, dans l'entourage immédiat ou des connaissances côtoyées.

Mais bon, je sais bien que ce billet est inutile. Après tout, la vie est belle et le suicide est un choix.

Pas vrai?

2 commentaires:

anarchopragmatisme a dit…

Excellent billet!


Personnellement, j'aurais utilisé le terme "capitaliste" plutôt que "libéral", mais ça me va quand même!

Mouton Marron a dit…

Je pense que le terme "libéral" est tout à fait bien choisi, puisqu'il s'agit d'un certain système de pensée. De très loin, ça rejoint d'ailleurs un peu Foucault.