samedi 28 mars 2009

L'économie participative, deuxième partie

Entre deux ou trois recherche d'emplois, je poursuis donc ma série de billets sur l'économie participative. Je me demande l'intérêt de la chose, mon premier billet sur le sujet n'ayant pas suscité de réactions et les gens pouvant toujours aller lire le texte dont je me base pour faire ces billets (http://kropot.free.fr/Baillargeon-ecopar.htm), mais bon.

Après avoir présenté les valeurs sur lesquelles se basent l'économie participative, voici le point de vue d'Albert à propos du marché et de la planification centrale.

«Ni marché ni planification centrale

La critique du marché occupe une part importante du travail préalable accompli par les auteurs. Au terme de ce travail, ils concluent que loin d’être cette institution socialement neutre et efficiente dont on vante parfois les mérites, le marché érode inexorablement la solidarité, valorise la compétition, pénalise la coopération, ne renseigne pas adéquatement sur les coûts et bénéfices sociaux des choix individuels (notamment par l’externalisation), suppose la hiérarchie du travail et alloue mal les ressources disponibles. Pour résumer plus simplement cette position à laquelle les auteurs parviennent, voici ce que me déclarait Michael Albert, lors d’un récent entretien: "Le marché, même à gauche, ne fait plus guère l’objet d’aucune critique, tant la propagande a réussi à convaincre tous et chacun de ses bienfaits. Je pense pour ma part que le marché est une des pires créations de l’humanité. Le marché est quelque chose dont la structure et la dynamique garantit la création d’une longue série de maux, qui vont de l’aliénation à des attitudes et des comportements antisociaux en passant par une répartition injuste des richesses. Je suis donc un abolitionniste des marchés, — même si je sais bien qu’ils ne disparaîtront pas demain — , mais je le suis de la même manière que je suis un abolitionniste du racisme."

La planification centrale, comme institution d’allocation, ne passe guère mieux le test que lui font subir nos cinq critères évaluatifs. Pour qu’un système d’allocation par planification centrale soit efficient, on reconnaît généralement qu’il doit satisfaire à un certain nombre de contraintes préalables. En particulier, les décideurs doivent connaître et maîtriser l’information nécessaire pour effectuer les calculs permettant l’élaboration du plan et pouvoir imposer les incitatifs qui assureront que les agents économiques accompliront leurs tâches respectives. La plupart des économistes contemporains refusent d’accorder ces préalables et conviennent avec Von Mises et les néoclassiques que l’impossibilité de les concéder en théorie signe l’impossibilité pratique des économies de planification centrale. Albert et Hahnel montrent pour leur part que même si on accorde ces improbables prémisses, de telles économies seront toujours inacceptables du point de vue des critères évaluatifs qu’ils proposent. Si le marché détruit systématiquement la solidarité, la planification centrale détruit systématiquement l’autogestion, empêche la détermination par chacun de préférences personnelles qui prennent en compte de manière raisonnable les conséquences sociales de ses choix. Au total, la planification centrale promeut la montée d’une classe de coordonnateurs en plus de générer de bien piètres résultats.

Si cette analyse est juste, ni le marché ni la planification centrale ne peuvent générer des résultats qui soient conformes aux critères évaluatifs avancés. Il faut donc inventer une nouvelle procédure d’allocation: ce que se propose justement l’Écopar. »

C'est donc sur la base des valeurs présentées dans le premier billet sur ce sujet, qu'Albert et Hahnel rejette le marché puis la planification centrale. Nous vivons bien entendu dans une économie de marché et la planification centrale est le modèle que suivait l'URSS. La classe des coordonnateurs sont les Bolcheviks qui ont pris le pouvoir après la révolution d'octobre en 1917. C'est une classe dont Marx ne parle pas dans son modèle du prolétariat contre la bourgeoisie et dont Albert nous invite à nous méfier.

Si la condamnation de la planification centrale ne suscite pas de réactions (dans la mesure où je ne connais pas personne de la blogosphère qui en fait la promotion), l'abolition du marché a le potentiel d'enclencher un certain débat, surtout du côté de mon collègue sur http://anarchopragmatisme.wordpress.com/ et certains de ses lecteurs (et lectrices?).

Mais dans le mesure où je doute que ces gens là me lisent....

Ce qui remplacerait le marché sera également plus clair dans mes prochains billets sur l'économie participative.

Je tiens à préciser que si je défends l'idée d'avoir une vision d'une société meilleure, je ne prétend pas détenir la clef de l'énigme et d'avoir trouvé La Solution. Cette vision est matière à discussion et doit être remise en question, comme n'importe quelle proposition de changement.

Toujours faut-il vouloir en discuter et en débattre.

5 commentaires:

Desperate Strawberry a dit…

tient te revoilà.

Chatte Noire.

Mouton Marron a dit…

La question du marché est très complexe et je regrette de ne pas avoir davantage de notions en économie pour pouvoir prendre une part plus active au débat.

Cela dit, une économie égalitaire sans marché ni contrôle central, j'aimerais ça.

Vanité a dit…

Je ne savais pas quoi répondre à ton commentaire, ça me troublais que tu utilise ces mots là, pour toi.

Voici mon nouveau blog, rien n'est encore écrit et je me complais dans la contemplation du vide pour l'instant :

http://www.motsetchaos.blogspot.com

Bakouchaïev a dit…

Desperate Strawberry: Ça fait bizarre de t'appeler comme ça. :)
Oui, je suppose que je vais updater ce blog de temps à autre, même si je suis en train de foutre toute ma vie en l'air.

Mouton Marron: Je ne suis pas un expert en la matière non plus et je maitrisais mieux l'économie participative il y a de ça quelques temps (et la question du marché). C'est juste que je considère le manque de vision(s) chez les anars comme une faiblesse.

Vanité:J'irai faire un tour là-dessus.Pour le commentaire tu parles de celui où je dis que je suis une grosse merde? C'est que je tourne en rond depuis la fin de mon bac et je ne sais pas si laisser tomber mes cours était une si bonne idée.

Vanité a dit…
Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.