jeudi 27 mai 2010

Contestez dont de manière civilisée!

À la suite d'un «attentat terroriste» dans une banque à Ottawa (une action directe me semble un terme plus juste), il semble y avoir eu une levée de boucliers au sein du «mouvement» anarchiste. Plusieurs personnes tentent de se dissocier de l'action comme on se tiendrait à l'écart de la peste bubonique, allant même jusqu'à spéculer ouvertement sur la place publique que ces dernierEs sont fort possiblement des agents provocateurs. Et à la limite, on se moque bien (chez certainEs) qu'il s'agisse de véritables agents provocateurs ou d'un groupe radical légitime. On accusera le groupe de jouer le jeux de la police, qui bien sûr n'aurait pas déplacé d'effectifs pour le G8 et le G20, n'eut été de cette action. Cela me rappelle tristement la guerre civile en Espagne, où on accusait les gens qui revenaient du front et qui s'étaient pourtant battus contre les troupes de Franco, d'être eux-mêmes des fascistes. Mais passons.

Alors qu'il n'y a eu aucune victime (contrairement aux évènements en Grèce) et que l'action a été entreprise aux petites heures du matin, donc au moment où personne travaillant dans l'édifice n'aurait pu être blessé, le geste a été condamné par plusieurs, de façon à peine voilée. Dans tout ça on oublie complètement le message du communiqué qui accompagnait l'action, bien qu'on présume que les radicaux et radicales l'ont lu. Comment auraient-ils/elles puent remarquer que le groupe responsable de l'action ne se définissait pas comme étant anarchiste autrement?

Je réitère mes propos tenus sur le blog «Voix de faits», à savoir que : «Je comprend que certaines personnes n'aiment pas ce genre d'actions et surtout ne peuvent se les permettre, mais de là à condamner de façon à peine voilée...Si ce sont effectivement des anarchistes qui ont fait le coup, y'a de quoi se sentir larguéEs

Il n'y a pas qu'une seule façon de résister à l'oppression et je ne vois pas comment on pourrait qualifier ceux et celles qui ramassent de l'argent pour aller à Toronto de participer à la véritable résistance et ceux (et celles?) qui ont fait le coup de la banque à Ottawa de faire partie de l'avant-garde révolutionnaire (commentaires entendus sur la voie publique à la suite des évènements).

Je n'ai pas voulu pointer du doigt qui que ce soit directement, ne trouvant pas une telle chose constructive. De toute manière, certains commentaires ont été faits sous l'anonymat, d'autres par des personnes que je ne pourrais clairement identifiées et certaines organisations concernées par ma critique ne semble pas avoir de position officielle sur la question (ce qui ne veut pas dire que celles-ci n'ont pas de position officieuse).

En terminant, cet épisode me rappelle certaines accusations qu'avaient fait madame Françoise David lors du Sommet des Amériques en 2001. Par calcul politique, probablement. La même raison qui a poussé certaines organisations ou individus à sortir publiquement à la suite des évènements survenus à Ottawa. Ironiquement, Québec Solidaire demandera par la suite aux gens même que madame David a condamné sur la place publique en 2001 de voter pour son parti réformiste à la dernière campagne électorale du Québec.

Certaines personnes passeront l'éponge, d'autres garderont la chose en mémoire.

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jeudi 20 mai 2010

Pire que le sein de Janet Jackson?


Il y aura certainement des manifestations d' islamophobie aujourd'hui et je les condamne. Cela dit, personne ne réussira à me convaincre qu'il est acceptable de tuer ou de menacer de tuer pour un dessin ou une image dans un dessin animé.

Je suis le premier à dénoncer les gens qui s'énerve pour une femme voilée qui va voter (selon moi, le seul problème c'est que des gens aillent voter), mais il y a des limites à tolérer n'importe quoi, surtout l'intolérance d'autrui, justement.



Les gens peuvent bien croire à ce qu'ils veulent, mais le respect n'est pas une autoroute à sens unique.



Mon point n'est pas de critiquer la religion musulmane et je me fou de Mahomet comme de l'an 40.



Mais si les créateur de South Park doivent subir le harcellement d'une poignée d'extrémistes religieux à cause d'un ours, alors je veux être à leur côté.




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mercredi 19 mai 2010

Rediriger notre colère

S'il est normal d'accumuler les frustrations et d'en arriver à devenir une boule de haine, je ne pense pas que péter des vitrines ou lancer des roches aux policiers nous procurent une quelconque satisfaction, en tout cas, pas en ce qui concerne le long terme.

Je me répète, mais nous devons trouver un moyen de se regrouper afin que cette énergie ne soit pas perdue. Cette colère est légitime, mais si elle s'exprime n'importe comment, ça demeura un phénomène superficiel n'ayant aucune prise sur le réel et le fonctionnement des institutions en place.

Plusieurs de mes frustrations personnelles ne viennent pas forcément directement du système à proprement parlé, bien qu'il soit difficile parfois de mesurer où commence l'impact de ce dernier dans nos vies et où s'arrête-t-il. Si vous avez envie de frapper un imbécile, vous pouvez vous demandez pourquoi ce dernier est justement un imbécile (bien qu'à ce niveau, on est tous et toutes, l'imbécile de quelqu'un d'autre et vice versa)?

Et puis peu importe la source de notre colère, il y aura toujours des choses à améliorer, des choses à changer, des choses à renverser (outre que des chaises et des voitures de police). Il est bon de réfléchir à tout ça afin d'agir de façon stratégique, de manière plus raisonnée.

Ce n'est pas ici une dénonciation de la violence, au contraire. Je suis pour la violence, si elle est libératrice, si elle vise à supprimer une injustice. Mais trop souvent, elle est superficielle, reste à la surface des choses et est purement irréfléchie.

Bien que certains actes de destruction peuvent être bénéfiques d'un point de vue émotionnel, voir même psychologique, leurs effets seront passagers et ne pourront combler le malaise profond que plusieurs doivent ressentir. Et ils seront toujours à recommencer, ceux-ci n'ayant qu'un effet temporaire qui au final, ne changera rien au monde matériel qui pourri notre existence.

Je suis souvent au prise avec des idées noires, souvent floues, mais je sais que laisser libre court à ces «fantasmes de destruction» ne ferait qu'empirer les choses.

Car après tout, qui a-t-il de pire que de faire la page couverture du Journal de Montréal, sans pouvoir se justifier?


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samedi 8 mai 2010

10 ans déjà....




Il y a 10 ans, le Québec a perdu le plus grand artiste de son histoire. Non seulement son plus grand artiste, mais son plus grand humaniste. Ce n'est pas le fait qu'il s'agisse d'une personnalité connue qui rend la chose tragique, mais le fait qu'André (Dédé) Fortin était différent des autres. Il était plus grand que Nature. Et il avait le coeur aussi grand qu'un soleil. Il était lui-même, comme un rayon de soleil qui aurait émergé dans la nuit éternelle.


Il avait tout ce que la société promouvoit (célébrité, argent, amour/sexe) et plus encore, mais il n'avait pas l'esprit tranquille. Parce que la société n'était pas comme lui l'aurait espéré. Parce que pour lui l'argent n'était pas vraiment important. Voir même, cette obsession avec l'argent l'exaspérait : «Ouais ben l'amour, la mort pis toute , C'est des questions trop grandes pour moi Pis à part de ça le monde entier Veut juste savoir combien ça coûte». Et comme on le voit dans ce passage, il avait beaucoup de misère à répondre aux questions existentielles de la vie, qu'on se pose de moins en moins de nos jours. Dédé Fortin était aimé, adulé même, mais il gérait mal la situation : «L'amour c'est l'amour, y'a rien à comprendre Moé j'suis pas fait pour, ça m'donne mal au ventre».


S'il est vrai qu'André Fortin était adulé, il demeure encore incompris de nos jours. À savoir pourquoi il s'est donné la mort. J'ai ma petite idée là-dessus, mais ce n'est pas le but de ce billet et il est de toute façon malhonnête de parler au nom d'un mort. Je laisserai ça à d'autres. De toute façon, on peut toujours lire ces textes, ils sont assez évocateurs.


Je dirai seulement qu'on ne choisit pas d'être malheureux, on le devient et on le subi. Il n'a pas choisi sa souffrance, il l'a vécue et c'est elle qui a fini par l'emporter. S'il aurait pu goûté le bonheur, je suis certain qu'il aurait fait les choses autrement :«Si j'ai pas le goût d'aller vous voir Vous autres qui dansez comme le feu C'est pas parce que j'aime pas vos histoires Ch't'un peu jaloux de vous voir heureux Je vas me réveiller demain matin Y va avoir un beau gros soleil Peut-être que je vas voir un petit refrain Venir au monde entre mes deux oreilles.»


J'aurais beaucoup aimé le connaître personnellement, mais je n'ai pas eu cette chance. J'aurais bien aimé prendre une bière avec lui. Surtout que je me reconnais beaucoup dans plusieurs des passages de ses textes, dont celui-ci : « En survolant ma banlieue morte Je remercie le vent qui m'porte J'pense à ma belle Élizabeth A doit se demander c'que j'ai fait Pour ma neuvième et dernière vie J'avais mérité le confort J'ai ben fait de partir plus tôt Mon coeur préfère la vie d'oiseau».


Bien que je comprenne son choix, sans connaître tous les détails de sa vie, et que je le respecte tout à fait (j'ai souvent songer aux même idées morbides que lui), je ne peux m'empêcher de penser qu'il a laissé un vide immense que personne n'arrive à combler et qui ne sera peut-être jamais comblé.


Et surtout, j'ai juste envie de crier : « Tassez-vous de d'là y faut que j'voye mon chum, Moé j'fais mon chemin dans la foule En espérant qu'une chose c'est voir ton visage Et de t'entendre crier: J'en ai plein mon casse mais c'pas encore l'overdose Aidez-moé, aidez-moé».



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