samedi 8 mai 2010

10 ans déjà....




Il y a 10 ans, le Québec a perdu le plus grand artiste de son histoire. Non seulement son plus grand artiste, mais son plus grand humaniste. Ce n'est pas le fait qu'il s'agisse d'une personnalité connue qui rend la chose tragique, mais le fait qu'André (Dédé) Fortin était différent des autres. Il était plus grand que Nature. Et il avait le coeur aussi grand qu'un soleil. Il était lui-même, comme un rayon de soleil qui aurait émergé dans la nuit éternelle.


Il avait tout ce que la société promouvoit (célébrité, argent, amour/sexe) et plus encore, mais il n'avait pas l'esprit tranquille. Parce que la société n'était pas comme lui l'aurait espéré. Parce que pour lui l'argent n'était pas vraiment important. Voir même, cette obsession avec l'argent l'exaspérait : «Ouais ben l'amour, la mort pis toute , C'est des questions trop grandes pour moi Pis à part de ça le monde entier Veut juste savoir combien ça coûte». Et comme on le voit dans ce passage, il avait beaucoup de misère à répondre aux questions existentielles de la vie, qu'on se pose de moins en moins de nos jours. Dédé Fortin était aimé, adulé même, mais il gérait mal la situation : «L'amour c'est l'amour, y'a rien à comprendre Moé j'suis pas fait pour, ça m'donne mal au ventre».


S'il est vrai qu'André Fortin était adulé, il demeure encore incompris de nos jours. À savoir pourquoi il s'est donné la mort. J'ai ma petite idée là-dessus, mais ce n'est pas le but de ce billet et il est de toute façon malhonnête de parler au nom d'un mort. Je laisserai ça à d'autres. De toute façon, on peut toujours lire ces textes, ils sont assez évocateurs.


Je dirai seulement qu'on ne choisit pas d'être malheureux, on le devient et on le subi. Il n'a pas choisi sa souffrance, il l'a vécue et c'est elle qui a fini par l'emporter. S'il aurait pu goûté le bonheur, je suis certain qu'il aurait fait les choses autrement :«Si j'ai pas le goût d'aller vous voir Vous autres qui dansez comme le feu C'est pas parce que j'aime pas vos histoires Ch't'un peu jaloux de vous voir heureux Je vas me réveiller demain matin Y va avoir un beau gros soleil Peut-être que je vas voir un petit refrain Venir au monde entre mes deux oreilles.»


J'aurais beaucoup aimé le connaître personnellement, mais je n'ai pas eu cette chance. J'aurais bien aimé prendre une bière avec lui. Surtout que je me reconnais beaucoup dans plusieurs des passages de ses textes, dont celui-ci : « En survolant ma banlieue morte Je remercie le vent qui m'porte J'pense à ma belle Élizabeth A doit se demander c'que j'ai fait Pour ma neuvième et dernière vie J'avais mérité le confort J'ai ben fait de partir plus tôt Mon coeur préfère la vie d'oiseau».


Bien que je comprenne son choix, sans connaître tous les détails de sa vie, et que je le respecte tout à fait (j'ai souvent songer aux même idées morbides que lui), je ne peux m'empêcher de penser qu'il a laissé un vide immense que personne n'arrive à combler et qui ne sera peut-être jamais comblé.


Et surtout, j'ai juste envie de crier : « Tassez-vous de d'là y faut que j'voye mon chum, Moé j'fais mon chemin dans la foule En espérant qu'une chose c'est voir ton visage Et de t'entendre crier: J'en ai plein mon casse mais c'pas encore l'overdose Aidez-moé, aidez-moé».



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