dimanche 22 février 2009

La morale calinours

Étant donné les nombreuses réactions, les autographes et les demandes en mariage, je vais poursuivre avec un billet dans la même lignée que celle de la dernière fois. Pourquoi changer une formule gagnante?

À la fin du dernier billet, je voulais revenir sur ce point:« la problématique de ce refus de la «violence» (qu'est-ce que la violence?) et de l'insurrection comme moyen pour arriver à nos fins et le parallèle qui peut être fait entre ces émissions pour enfants et la pacification de la société (paix sociale).»

Mon point est que l'on tente de préserver l'enfant du «Mal» et ce le plus longtemps possible. Même au moment où il découvre l'existence de maux dans le monde (famines, guerres, pauvreté, la possibilité d'être encore puceau à 25 ans, etc.), il finira une fois adulte par se réfugier dans la drogue, la boisson ou le sexe (à moins d'être victime d'un mal déjà cité). Les plus «sages» se tourneront vers le hockey, Star-Académie, les voyages, la famille ou une connerie quelconque.

Même s'il dévie de cette voie après avoir reçu l'illumination (vers 16-17 ans), notre vaillant ou notre vaillante rebellE, sera fort probablement influencéE par ce que j'appelle la « morale calinours». Cette morale calinours relève de notre éducation de base et ses résidus empêcheront les plus instruitEs et les plus lucides d'agir en conséquence.

La morale calinours agit à plusieurs niveaux. Elle voit des amiEs, là où il y a clairement des ennemis de classes (je n'aime pas le terme «lutte de classes», mais il y a des inégalités dans notre société et dire le contraire relève bel et bien de la morale calinours que je dénonce) et elle fait des ennemis entre frères et soeurs (les méchants arabes et les vulgaires terroristes).

Mais même en voyant à travers la fumée d'une partie de la morale calinours, une partie de cette fumée demeure opaque et peu de gens osent voir au travers. C'est que cette morale nous dit que la violence, c'est mal. Ce n'est pas bien. C'est très «michant»! Mais la morale ne prend pas en ligne de compte la situation d'oppression et les inégalités qui découlent de la réalité. Elle dépeint un monde de petits farfadets, de grenouilles magiques et de poissons volants. Hors ce monde n'existe pas ou uniquement lors de consommation de drogues dures, ce qui revient à dire qu'il est irréel. Et lorsque ce monde imaginaire tombe, l'«anti-violence» ne fait plus aucun sens.

Il ne relève pas de la réalité de penser que l'on puisse renverser le système actuel sans recourir à la violence, mais de l'idéal. Mais cet idéal n'a aucune emprise sur le réel, pas plus que les mignons calinours ou la princesse aux cheveux en forme de muffins.

L'humanisme, pour aboutir une fois pour toute dans le monde réel, devra se départir de la morale calinours et affronter la réalité.

Le recours à la violence n'est pas «michant», mais nécessaire.

4 commentaires:

Chatte noire a dit…

La violence des mots, des actes?

Je reconsidère mon idée comme quoi certains dessins animé sont violents.

J’ai réalisé que certes, ils se tapent peut-être dessus mais ce n’est jamais sanglant (sauf dans les animes) et que quoiqu’il arrive le gentil l’emporte donc au final ça revient à ce que tu disais.

Par contre je t'invite à te renseigner sur l'évolution des contes grâce à Disney et au temps.

Si tu t'y penche tu verras qu'à l'origine les contes étaient très violent, par exemple dans Blanche Neige, ses demies-sœurs finissaient avec des sabots de fer chauffé à blanc et elles étaient condamnée à danser jusqu'à la fin de leur vie sur un tapis de braise.
Dans mes souvenirs, la version de Disney c'est, Blanche Neige qui se barre directement avec le Prince et fin de l'histoire.
(À moins que sa famille soit juste mise en prison mais je ne m'en souviens pas)

Là par contre la différence est flagrante. Il faut dire "qu'avant" les malheurs étaient vraiment quotidien entre ceux qui se faisaient pendre (« spectacle » très apprécié des gens et donc des enfants), ceux qui mouraient dans la rue et autre...

La société « évoluant » à conclu que la violence était pour ceux à qui les mots manquaient (une étude avait été porté la dessus, il était dit que dans nos "cités" (française), les jeunes n'utilisaient que 400 mots (en général), alors qu'il faut au moins 1200 mots pour s'exprimer correctement (donc sans frustration) et que manquant de mot, ils exprimaient ce qui leur manquait par la violence; je vais essayé de retrouver le document en question et je te le transmettrais).

Donc après cette longue parenthèse, tout ça pour dire que nous avons beaucoup de mots, donc beaucoup de moyen de communication donc la violence est réservé (en quelque sorte) aux "pays en voie de développement", qui ne savent pas encore communiquer entres-eux et qui sont restés alors très "primaire".

La violence, d’accord, mais pour aboutir à quoi ? Dans quel but ?

L’être cultivé préfère désarmer avec ses mots plutôt qu’avec ses mains et inversement pour celui à qui il manque des mots.
Pourquoi ?

Je ne suis pas pour une société complètement hippie (je n’aime pas les hippies (mais rien ne m’empêchera d’en avoir pour amis par exemple)).

Mais je suis pour la violence des mots, sans tomber dans l’insulte et la vulgarité. Je suis pour que nous arrêtions de nous prendre avec des pincettes, que nous ravalions notre égo et acceptons de se prendre une bonne paire de mots dans la gueule.

Quand tu parles de violence, tu entends quoi par là ?
Violence des mots, des actes ? Et surtout une violence temporaire ? Au quotidien ?

Après pour ce qui est de la révélation que le monde est méchant, je pense qu’on prend conscience de ceci au collège dans la majorité des cas (donc à 11 ans pour la France).
Pour ce qui est de moi, il me semble n’avoir jamais eu de désillusion par rapport au monde « violent », mais bon c’est à part.

Chatte noire a dit…

(je peux avoir mon autographe?
Es-ce que je pourrais être ta photographe (pour magasine, mariages, divorces, mariage, people,...) ?)

Bakouchaïev a dit…

Chatte noire: Tu peux bien sûr avoir mon autographe et être ma photographe. La distance pourrait poser problème et tu n'auras pas grands trucs «people» à te mettre sous la dent...au pire on inventera!

Pour le reste, j'ai voulu déborder le cadre des émissions pour enfants pour englober l'éducation (parentale et scolaire) ainsi que le rôle de censure joué par les médias (par exemple ne pas montrer les résultats des bombardements comme des enfants morts à la télé, sous prétexte que c'est trop «graphique» ce qui entraîne une déconnection de la réalité), mais j'ai pt rater mon coup....je ne voulais pas écrire un billet trop long.

Par l'utilisation de la violence, son utilisation serait souhaitable dans les mots (je ne parle pas ici de diffamations et ce que fais la radio poubelle) et dans les actes. Je critique ce refus d'utiliser la violence pour renverser le système politique et économique actuel qui eux même, sont source d'opression et font violence à l'ensemble de la population. Je ne vois pas comment il serait possible d'instaurer une alternative autrement, car cela exige une réappropriation de nos lieux de travail et nos espaces de rencontres (ici nous n'avons presque plus) et je suppose que la minorité au pouvoir utilisera la force (ils ont le monopole de la violence) pour contrer toute tentative de changement radical. C'est un plaidoyé pour l'insurection comme moyen (et non pas comme fin) au dépend de ceux et celles qui se mettent la tête dans le sable et se servent d'excuses pour ne pas qu'on arrive à ça.

Aussi, je remet en question le fait que briser une vitrine, faire un graffiti ou abimer une clôture soit de la viloence en soit. Je pense que c'est le moyen trouver par nos biens pensants pour défendre la propriété privée. Pour moi la violence est uniquement concevavle entre humains et animaux, les choses immatérielles ne ressentant pas la douleur.

Pour finir, il est primordiale d'avoir des pistes de solutions, de pouvoir coucher sur papier à quoi pourrait ressemble la société de demain, mais je crois tout de même que la question de la violence et l'utilisation de l'insurection doit être discuté.

Vanité a dit…

Je sais que souffre de Ludisme aggravé, mais c'est ce qui me permet de fuir la morosité du quotidien. Aussi, je me demande quelle est l'urgence d'informer précocement les enfants de la platitude du quotidien.

L'enfance est justement le moment ou l'imaginaire prend tellement de place qu'il est possible de croire en une certaine magie dans l'univers et en quelque sorte, d'espérer. C'est le propre de l'enfance de se laisser submerger par les histoires que l'on s'invente et non, vraiment, je ne vois pas la nécéssité de briser les illusions des enfants en les mettant au courant de la réalité merdique de la vie avant qu'ils ne s'en rendent compte par eux même en vieillissant.

Si j'y étais forcée, je crois que je ne leurs révèlerais pas tout ce qui pourrait leur être fatal, comme se mettre les doigts dans une prise de courant ou boire du dissolvant à vernis en priant pour qu'ils n'y pensent jamais, car j'aurais trop peur qu'il s'en servent pour se tuer sinon, contraints de s'avouer que je les aurait fait naître sur une terre vraiment moche.

J'aime mieux m'aveugler de rêve que d'ouvrir les yeux et de ne voir que du noir réel au quotidien.